enProposer un projet

Un baume anti-moustiques pour contribuer aux efforts de lutte contre le paludisme en Côte d'Ivoire

Stade d'avancement
Juil. 2026 à Févr. 2029
  • Côte d'Ivoire
  • Santé
  • Juil. 2026 à Févr. 2029

MAÏA® est un baume répulsif anti-moustiques conçu et développé par l'entreprise sociale MAÏA Africa SAS. Après une première phase d'évaluation menée au Burkina Faso, le projet entre dans une nouvelle phase de recherche qui vise à générer des preuves d’impact sur l'efficacité du baume dans la réduction des cas de paludisme chez l'enfant.

Projet porté par :

Une femme montrant un baume Maia à son enfantUne femme montrant un baume Maia à son enfant

Le contexte

En Afrique subsaharienne, le paludisme reste l'une des maladies les plus meurtrières. Elle affecte particulièrement les enfants et les femmes enceintes. Selon l'OMS, la région africaine concentre 94 % des cas de paludisme dans le monde en 2024, et 95 % des décès (OMS, 2025). D'après le dernier Rapport mondial sur le paludisme, la maladie a continué de progresser en 2024 avec 282 millions de cas recensés, en hausse de près de 9 millions par rapport à 2023. La mortalité a également augmenté, passant de 598 000 à 610 000 décès sur la même période (OMS, 2025). Au-delà des conséquences sanitaires, l'impact économique du paludisme est estimé à 12 milliards de dollars par an pour le continent africain.

Les moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) et les pulvérisations intradomiciliaires (PID) demeurent les deux méthodes de lutte vectorielle recommandées par l'OMS, responsables de 78 % des 663 millions de cas cliniques évités au cours des 15 dernières années. Depuis 2023, deux vaccins contre le paludisme sont également disponibles, recommandés par l'OMS comme composante d'une approche combinée d'interventions, notamment chez les jeunes enfants. Cependant, la résistance croissante aux insecticides réduit leur efficacité, et des études montrent que 10,6 millions de cas supplémentaires par an pourraient être attribués à la transmission extérieure, malgré une large mobilisation des méthodes reconnues MII et PID.

Un baume anti-moustiques pour lutter contre le paludisme

L’innovation

MAÏA® est un baume répulsif anti-moustiques conçu et développé au Burkina Faso et complémentaire des moustiquaires imprégnées d'insecticide.

Phase 1 (mars 2022 – janvier 2024) – Évaluation de l'adoption et de la volonté à payer (Burkina Faso)

Menée par Innovations for Poverty Action en partenariat avec l'Université Paris Dauphine-PSL et l'Institut de Recherche pour le Développement, la première phase de l'étude visait à évaluer :

  • la disposition des ménages à payer et utiliser MAÏA® ;
  • les effets de MAÏA® sur la santé des ménages et la continuité du travail.

Le financement du FID a permis :

  • à MAÏA Africa SAS de produire les quantités de baume nécessaires à l'étude ;
  • aux partenaires de subventionner le produit pour les ménages engagés dans l'étude.

Innovations for Poverty s'est appuyée sur les données d'enquête recueillies auprès de 3 120 ménages comptant au moins un enfant en bas âge, répartis dans 195 points de vente couvrant 4 régions, 6 provinces et 24 communes au Burkina Faso.

Phase 2 en cours – Génération de preuves épidémiologiques et entomologiques (Côte d'Ivoire)

Portée par la London School of Hygiene and Tropical Medicine en partenariat avec l'Institut Pierre Richet, la deuxième phase vise à générer des preuves sur l'efficacité de MAÏA® dans la réduction des cas de paludisme chez l'enfant, dans une zone à transmission modérée à élevée près de Bouaké, en Côte d'Ivoire. Elle s'appuie sur trois volets complémentaires : l’efficacité épidémiologique, l’impact entomologique et l’évaluation sociale et économique.

Résultats - Un baume anti-moustique pour contribuer aux efforts de lutte contre le paludisme

Résultats et apprentissages

L’évaluation randomisée a été menée dans 195 points de vente répartis sur 4 régions, 6 provinces et 24 communes, impliquant 3 120 ménages comptant au moins un enfant en bas âge. Les ménages ont été répartis aléatoirement en trois groupes de traitement, selon le niveau de subvention appliqué sur le prix de MAÏA® (gratuité, subvention à 50 % et prix plein).

Les résultats montrent une adoption forte et croissante du produit : l’utilisation déclarée de MAÏA® dans les 30 derniers jours passe de 57 % un mois après le lancement à 73 % à la fin de la saison des pluies.

L’effet prix est marqué : les ménages bénéficiant d’une gratuité utilisent la pommade trois fois plus que ceux payant le prix plein, et ceux bénéficiant d’une subvention à 50 % deux fois plus. Par ailleurs, la gratuité ne conduit pas à un gaspillage, puisque près de 90 % des ménages ayant accès gratuitement à MAÏA® l’utilisent effectivement, et 70–75 % dans les autres groupes.

L’étude confirme que MAÏA® agit comme un outil complémentaire aux moustiquaires imprégnées : environ 75 % des ménages continuent de les utiliser pendant l’intervention et près de 10% utilisent toujours les moustiquaires classiques, quel que soit le groupe. En revanche, le recours aux spirales et serpentins diminue, car les ménages substituent progressivement ces solutions à la pommade. La pommade est utilisée en priorité sur les personnes vulnérables dans les ménages, avec une application prioritaire sur les enfants en cas de restrictions financières au sein des foyers.

Enfin, l’évaluation montre des effets encourageants sur la pérennité de l’adoption : un an après la fin de l’intervention, 60 % des ménages ayant bénéficié de la gratuité continuent d’utiliser MAÏA®, contre un peu plus de 20 % dans les groupes sans subvention ou à 50 %. Ces résultats suggèrent qu’une période initiale de subvention peut favoriser une adoption durable et générer une demande sur le long terme.

    Résultats attendus de la phase 2 :

    Les résultats de la Phase 2, complémentaires à ceux de la phase 1, devront établir si MAÏA® peut être reconnu comme un outil de prévention du paludisme à part entière, complémentaire aux interventions existantes.

    En générant des preuves épidémiologiques et entomologiques robustes dans le contexte ivoirien, l'étude ambitionne de montrer et de documenter l’impact sur l'incidence du paludisme chez l'enfant et de fournir les données nécessaires à une recommandation de politique publique.

    Equipe de recherche

    1ère phase :

    • Élodie Djemaï est professeure associée d'économie à l'Université Paris-Dauphine et membre de l'unité mixte de recherche LEDa-DIAL.
    • Yohan Renard est maître de conférences en économie à l'Université d'Orléans et chercheur associé à l'Université Paris Dauphine-PSL.

    2ème phase :

    • Jackie Cook est professeure d'épidémiologie des maladies infectieuses à la LSHTM, spécialiste des essais de lutte antivectorielle et a co-dirigé le Centre Paludisme de la LSHTM.
    • Dr Raphael N'Guessan est maître de conférences au département de contrôle des maladies de la LSHTM et membre du Centre Paludisme, il est entomologiste spécialisé dans la résistance aux insecticides et la lutte antivectorielle en Afrique de l'Ouest.
    • Lucy Paintain est chercheuse au département de contrôle des maladies de la LSHTM, elle se spécialise dans les systèmes de délivrance des interventions de santé et leur évaluation économique.
    • Dr Serge Brice Assi est épidémiologiste clinicien senior et chef du département de recherche du Programme National de Lutte contre le Paludisme de Côte d'Ivoire (PNLP).
    • Dr Alphonsine Koffi est entomologiste médicale principale au laboratoire d'entomologie de l'Institut Pierre Richet. Elle est experte en biologie des moustiques et résistance aux insecticides.
    Une femme montrant un baume Maia à son enfant
    Maïa Africa SAS

    Maïa Africa SAS

    MAÏA AFRICA SAS est une entreprise sociale, basée au Burkina Faso, développant des solutions pour protéger les populations africaines du paludisme

      Projets

      Les projets financés par le FID

      Découvrir tous les projets