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Au Mexique, la violence exercée par les partenaires intimes touche des millions de femmes et constitue l'un des principaux obstacles à leur autonomie et à leur sécurité. LAB-CO, un laboratoire d'action et de réflexion spécialisé dans la sécurité et la justice, en partenariat avec l'organisation ProSociedad, développe une approche thérapeutique destinée aux hommes ayant commis des actes de violence conjugale. Soutenu par le FID, ce projet vise à transférer CORE, un modèle de prévention centré sur les auteurs de violence, aux institutions publiques.
Projet porté par :


Selon une enquête nationale de 2021 sur la dynamique des relations au sein des foyers, sept femmes sur dix de 15 ans et plus ont subi au moins une forme de violence au cours de leur vie au Mexique (INEGI, ENDIREH 2021). Cette violence restreint directement la liberté de mouvement des femmes qui en sont victimes, leur accès à l'emploi et leur stabilité financière.
Face à cette réalité, le cadre juridique mexicain a évolué : la loi générale de 2007 sur l'accès des femmes à une vie sans violence a rendu obligatoires des programmes de rééducation pour les auteurs de violence. Des centres spécialisés, les CECOVIM (centres dédiés à l'élimination des comportements violents au sein du couple et de la famille), ont depuis été déployés à l'échelle nationale pour prendre en charge les auteur·es de violence.
A l'échelle mondiale, la plupart des mécanismes de prévention de la violence de genre se concentrent sur la protection des victimes : les approches centrées sur les auteur·es de violence restent rares, et leurs effets, encore peu évalués. Parmi elles, l'approche ACTV (Achieving Change Through Values-Based Behavior), développée aux États-Unis à partir de la thérapie d'acceptation et d'engagement a montré des résultats prometteurs (taux de récidive plus faibles et délai plus long avant récidive).
Le modèle CORE, conçu par ProSociedad à partir de l'approche ACTV, s'appuie sur la thérapie d'acceptation et d'engagement pour aider les participants à reconnaître leurs émotions (colère, honte, besoin de contrôle) sans agir sous leur emprise, et à choisir des comportements non violents alignés sur leurs propres valeurs.
Le programme s'adresse aux hommes âgés de 18 à 65 ans condamnés pour des faits de violence conjugale et orientés dans le cadre d'une mesure de sursis conditionnel, un dispositif alternatif à l'incarcération déjà ancré dans le système judiciaire mexicain. Il se déroule sur 18 semaines, avec jusqu’à 24 séances de groupe de deux heures réunissant environ 12 participants, complétées par un mentorat individuel qui prend en compte les facteurs de risque propres à chaque personne — emploi, dynamiques familiales, isolement. Les participants sont orientés directement par les juges dans le cadre de leur mesure judiciaire, ce qui garantit un flux d'admission stable et une supervision continue.
Dans le cadre du projet soutenu par le FID, l'équipe projet poursuit deux objectifs complémentaires : transférer la mise en œuvre du modèle CORE aux institutions publiques de l'État de Jalisco (gouvernements municipaux, services de sécurité), et poser les bases d'une future évaluation d'impact. Cela implique de renforcer les systèmes de collecte et de gestion des données, de standardiser les protocoles de suivi, et de former les agent·es publics à l'animation des séances.
Deux itérations du modèle ont déjà été menées auprès de 120 participants. Les premières données internes font état d'améliorations dans la régulation émotionnelle et d'une diminution des comportements violents, sans que ces résultats aient encore fait l'objet d'une validation rigoureuse.
À l'issue de ce projet, plusieurs résultats concrets sont attendus :
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