enProposer un projet

Renforcer l'autorité politique
des femmes élues dans les gouvernements locaux en Inde

Stade d'avancement
Août 2026 à Sept. 2028
  • Inde
  • Démocratie et gouvernance
  • Août 2026 à Sept. 2028

L'Inclusion Economics India Centre, en collaboration avec l'ONG Transform Rural India, cherche à évaluer l'impact individuel et combiné de trois interventions visant à renforcer la capacité d’agir des femmes élues dans les gouvernements ruraux indiens. Le projet s'appuie sur une évaluation de grande envergure couvrant 3 200 municipalités dans quatre États d'Inde.

Projet porté par :

Femmes qui marchent avec oiseaux au-dessusFemmes qui marchent avec oiseaux au-dessus

Le contexte

Depuis 1992, l'Inde a mis en place l'un des systèmes de quotas de genre les plus ambitieux au monde, imposant qu'au moins 33 % des sièges dans les gouvernements ruraux soient réservés aux femmes, une proportion portée à 50 % dans la plupart des États (Dinesh Kumar, 2025). Ces dispositions concernent à la fois les présidentes élues (Sarpanch) et les membres des assemblées locales (Ward members) dans le cadre du système des Panchayati Raj (système d’administration territoriale des zones rurales).

Pourtant, la représentation formelle ne s'est pas traduite par une autorité réelle. Une enquête menée par l'équipe de recherche auprès de 6 000 personnes dans 600 districts révèle que seulement 47 % des femmes présidentes élues ont le dernier mot sur leurs décisions de gouvernance, contre 89 % des hommes. Les normes patriarcales persistantes, la résistance des collègues masculins (Karpowitz et al., 2012 ; Franceschet & Piscopo, 2008) et le phénomène du « proxyisme », où des proches masculins exercent l'autorité à la place des élues, freinent l'exercice effectif du mandat des femmes (Chattopadhyay & Duflo, 2004 ; Beaman et al., 2009).

Ce fossé entre inclusion formelle et capacité d’action est d'autant plus préjudiciable que la représentation effective des femmes en politique est un levier puissant de développement. Les femmes élues sont plus susceptibles de comprendre et de défendre les priorités de leurs électrices (Weeks, 2022). Leur présence en position de leadership remet en cause les normes patriarcales, renforce la participation citoyenne des femmes et est associée à des niveaux moindres de corruption (Parthasarathy et al., 2019 ; Barnes & Burchard, 2013). Elles influent également sur les arbitrages budgétaires, en orientant les dépenses publiques vers des secteurs essentiels comme la santé, l'éducation et les services de base.

Innovation

Le projet propose de tester trois interventions complémentaires, conçues pour se renforcer mutuellement et s'attaquer aux obstacles à l'autorité des femmes élues, tant du côté des représentantes que des citoyennes.

  • Une formation au « leadership » des femmes élues sur 18 mois, à travers des sessions de formation organisées tous les trois mois. Contrairement aux programmes gouvernementaux existants, ce dispositif place les capacités d’agir au cœur de la démarche, utilise des méthodes d'apprentissage basées sur l’expérience plutôt que des cours magistraux, et garantit que les formations se tiennent sans accompagnement masculin, une condition absente dans 80 % des formations gouvernementales actuelles.

  • Des réseaux de pairs entre 10 à 15 femmes élues regroupées par proximité géographique, se réunissant mensuellement pendant 18 mois. Ces réseaux offrent un espace d'échanges professionnels, de partage de stratégies et d'action collective. Aucun programme gouvernemental n'existe aujourd'hui pour soutenir ce type de mise en réseau entre présidentes élues, alors que seulement 30 % d'entre elles ont eu des échanges avec une autre présidente femme, contre 74 % des présidents hommes.

  • Des forums citoyens réservés aux femmes (Mahila Sabhas) réunissent toutes les citoyennes d'un village tous les deux à trois mois pour exprimer leurs besoins et demander des comptes à leurs représentantes. Officiellement reconnues mais peu organisées en pratique, ces assemblées traiteront de l'ensemble des préoccupations politiques des femmes, sans se limiter aux plans de développement locaux.

L'évaluation d'impact sera conduite à travers un essai contrôlé randomisé dans 3200 Gram Panchayats répartis dans quatre États (Uttar Pradesh, Madhya Pradesh, Chhattisgarh et Jharkhand).

Les résultats attendus

Le résultat principal visé par le projet est une meilleure prise en compte des priorités des femmes dans l'élaboration des politiques locales. L'équipe de recherche évaluera dans quelle mesure les interventions font évoluer la part des budgets des municipalités allouée aux demandes des femmes, l'accès aux biens publics et l'inclusion des femmes dans les programmes publics (emploi, retraites, santé et éducation).

Au-delà de ce résultat central, le projet mesurera plusieurs effets secondaires à travers des enquêtes menées en début et en fin de programme :

  • Le renforcement du pouvoir politique et de l'autorité réelle des femmes élues
  • L'accroissement de la participation politique des femmes citoyennes, en dehors des seuls temps électoraux
  • Une hausse du nombre de femmes candidates aux élections locales
  • Un changement des mentalités sur les rôles des femmes dans la communauté
Inclusion Economics India Centre

Inclusion Economics India Centre

Un centre de recherche et d’élaboration de politiques dédié à l’inclusion économique pour toute l’Inde. Inclusion Economics India Centre, le coordonnateur national du projet, collabore avec le gouvernement et des partenaires de la société civile afin de garantir que les informations tirées des recherches sont transposées en mesures qui soutiennent les efforts de renforcement des opportunités économiques pour les populations marginalisées.

    Projets

    Les projets financés par le FID

    Découvrir tous les projets