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Soutenir les efforts des enseignants pour de meilleurs résultats scolaires au Rwanda

Stade d'avancement
Avr. 2022 à Déc. 2026
  • Rwanda
  • Éducation
  • Avr. 2022 à Déc. 2026

Avec le projet « Supporting Teacher Achievement in Rwandan Schools » (STARS), une équipe de recherche, en collaboration avec le Ministère de l’Education du Rwanda et Innovations for Poverty Action, a testé durant trois ans de nouveaux modèles de contrats de rémunération basés sur la motivation et les efforts des enseignants dans les écoles primaires publiques, afin d’identifier le contrat le plus efficace. Le FID soutient aujourd’hui la mise à l’échelle de ce contrat dans 30 districts scolaires rwandais au sein d'environs 3 500 écoles primaires et secondaires.

Projet porté par :

Des enseignants et des élèves dans une salle de classe au RwandaDes enseignants et des élèves dans une salle de classe au Rwanda

Le contexte

Au cours des vingt dernières années, le Rwanda a considérablement élargi l'accès à l'éducation primaire. Le taux d'achèvement du primaire dépasse aujourd'hui 80 %, reflet des investissements importants réalisés par le gouvernement en faveur de la scolarisation (Banque mondiale, 2024).

Cette réussite s'accompagne d'un défi majeur : faire en sorte que tous les élèves apprennent effectivement. Les évaluations nationales montrent qu'une part importante des élèves ne maîtrise pas les compétences fondamentales attendues en lecture et en mathématiques à la fin du primaire. Les écarts d’apprentissage sont particulièrement importants dans les districts scolaires à faibles revenus, avec un impact qui s’étend bien au-delà de la salle de classe puisqu’ils sont responsables de 20 à 50% des différences de revenus entre les pays (Angrist et al., 2021). Cette « crise des apprentissages », largement documentée, constitue désormais l'une des principales priorités de la politique éducative rwandaise.

Dans le même temps, le système éducatif fait face à un renouvellement important des enseignants : environ un enseignant sur cinq quitte la profession chaque année (Zeitlin, 2020 ; BM, 2024), rendant indispensable le développement de dispositifs capables de renforcer leur motivation, d'améliorer leurs pratiques pédagogiques et de mieux suivre les progrès des élèves. Un système de contrats de performance des agents publics, dont les enseignant.e.s existe déjà au Rwanda depuis 2006. Néanmoins ces contrats se basent sur des critères peu objectifs qui ne récompensent pas véritablement les efforts des enseignant.e.s.

L'innovation

Le recours à des contrats de performance pour améliorer les apprentissages des élèves a déjà montré des résultats encourageants dans plusieurs pays, notamment en Inde, en Israël, en Tanzanie et en Ouganda. Au Rwanda, une première évaluation d’impact avec attribution aléatoire menée par Innovation for Poverty Action et le Rwanda Education Board (Leaver et al., 2021) avait montré, à petite échelle, qu’un contrat fondé sur l’assiduité, la préparation des cours et la qualité des pratiques pédagogiques pouvait améliorer significativement les apprentissages des élèves, avec des gains équivalents à près d’une année supplémentaire d’apprentissage (Crawfurd, 2021).

Le projet STARS s’inscrit dans la continuité de ces premiers résultats et vise à identifier comment renforcer le système national de contrats de performance (imihigo). Pendant trois ans, il teste rigoureusement plusieurs variantes intégrant notamment, en plus des critères existants, les progrès réalisés par les élèves, afin d’identifier la combinaison la plus efficace pour améliorer les pratiques pédagogiques et les apprentissages. Le projet renforce également le CAMIS, le système national de gestion des évaluations, afin d’améliorer la qualité des données utilisées pour mesurer les apprentissages et piloter les contrats de performance.

Le FID accompagne cette démarche dans la durée : après avoir financé pendant trois ans l’expérimentation des différentes variantes et le renforcement de l’infrastructure de données, il soutient désormais le déploiement national du modèle retenu.

Des enseignants et des élèves dans une salle de classe au Rwanda

Résultats d'impact et apprentissages

Résultats de la première phase (2022-2025)

  • Les enseignant·es ayant signé les nouveaux contrats de rémunération à la performance ont amélioré leurs habitudes de travail, avec une augmentation de la disponibilité des plans de leçon (entre +10 à 16 points de pourcentage selon les modèles de contrat testés) et **des scores de pédagogie **(entre +0,1 et 0,26 écarts types).

En revanche, aucun effet significatif n’est observé sur la présence des enseignant.e.s, déjà élevée au départ.

  • Trois des six modèles de contrat testés ont montré des impacts positifs et significatifs sur les résultats d’apprentissage des élèves. Le modèle de contrat qui ajoute au modèle de base un contrat de performance pour les directeur.rice.s dont une partie de l’évaluation dépend des résultats des enseignant.e.s de leur école, a eu l’effet le plus important sur les pratiques pédagogiques et les apprentissages des élèves. Il a donc été retenu pour le déploiement à l’échelle nationale.

  • Enfin, les contrats STARS semblent également favoriser la participation au système national CAMIS (+ 2 à 3 points de pourcentages selon les variantes de contrats à l’issue de la troisième année) qui permet de disposer de données plus complètes et nationales sur les apprentissages des élèves.

    Phase de financement en cours et passage à l'échelle

    Les résultats de la première phase ont conduit le gouvernement rwandais à engager une nouvelle étape du programme. Le modèle de contrat le plus performant, qui associe les incitations destinées aux enseignant.e.s et aux directeur.rice.s d'école, est désormais déployé progressivement à l'échelle nationale tout en continuant à être évalué.

    Soutenue par le FID, cette nouvelle phase accompagnera son extension à environ 3 500 écoles du primaire et du collège, à 88 000 enseignants et 3,2 millions d'élèves, tout en poursuivant les évaluations visant à optimiser sa mise en œuvre et son rapport coût-efficacité.

    Equipe de recherche

    • Dr Andrew Zeitlin est professeur associé à la McCourt School of Public Policy de l’Université de Georgetown. Ses recherches portent sur la responsabilité des enseignants en Afrique de l’Est.
    • Dr Clare Leaver est professeure associée en économie et politiques publiques à la Blavatnik School of Government et membre du University College d’Oxford. Elle est spécialiste de théorie appliquée, en particulier dans le domaine de la contractualisation dans le secteur public.
    • Dr Owen Ozier est professeur associé au sein du département d’économie à l’Université William. Ses recherches portent sur le développement humain en Afrique de l’Est, avec un intérêt particulier pour la mesure et les déterminants des apprentissages. Il est également membre du réseau J-PAL.
    • Dr Pieter Serneels est professeur d’économie à l’Université d’East Anglia. Ses travaux mobilisent l’économie comportementale pour analyser les ressources humaines, notamment l’étude de la motivation intrinsèque des agents de santé au Rwanda.
    Des enseignants et des élèves dans une salle de classe au Rwanda
    Université de Georgetown

    Université de Georgetown

    La « Georgetown University Initiative on Innovation, Development, and Evaluation » (Gui2de) a une expérience étendue dans la gestion de collaborations de recherche complexes et dans la mise en œuvre de politiques publiques efficientes à grande échelle en Afrique de l’Est.

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