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Réduire la pollution plastique dans le Nil Blanc à Juba

Stade d'avancement
Mai 2026 à Janv. 2028
  • Soudan du Sud
  • Climat
  • Mai 2026 à Janv. 2028

L’entreprise Chemolex, et l’ONG GEPA South Sudan s’associent pour lancer un projet destiné à réduire la pollution plastique à Juba, au Soudan du Sud. L’initiative vise à intercepter les déchets plastiques dans le Nil Blanc tout en mettant en place une collecte communautaire. Elle prévoit également d’étudier la faisabilité de la transformation de ces déchets en matériaux de construction accessibles.

Projet porté par :

Le contexte 

À Juba, où vivent environ 1,5 million de personnes, il n’existe ni loi spécifique ni infrastructures adaptées pour la gestion des déchets solides, et moins de 10% des déchets ménagers sont collectés par les services municipaux ou des opérateurs privés (African Clean Cities, 2022 ; Ajueny Mabil Mier, 2020). La production de déchets ménagers est estimée à 262 tonnes par jour dans la capitale, et les plastiques représenteraient environ un quart de ces volumes (JICA, 2022). Ces déchets, non triés pour la majorité (environ 90%), sont brûlés à l’air libre ou déversés dans des dépotoirs informels, les caniveaux ou directement dans le Nil Blanc, contribuant aux inondations, à la contamination de l’eau et à la prolifération de vecteurs de maladies comme les moustiques (JICA, 2022).

Dans le même temps, la ville connaît une crise du logement : plus de 65% des habitations en périphérie sont informelles ou semi‑permanentes, construites avec des matériaux peu durables, tandis que les matériaux classiques, tels que les blocs de ciment, peuvent représenter jusqu’à 40% du coût d’une construction, rendant les logements de qualité difficilement accessibles pour de nombreux ménages (JICA, 2022). Des enquêtes indiquent que plus de 90% des familles seraient prêtes à adopter des matériaux de construction alternatifs, à condition qu’ils soient au moins 20% moins chers et qu’ils respectent des critères de sécurité de base. Dans ce cadre, la transformation des déchets plastiques en intrants de construction (dalles, pavés, poteaux…) pourrait être une réponse à la fois aux enjeux de pollution et de logement.

L'innovation

L’entreprise Chemolex propose d’adapter à Juba un modèle qu’elle a déjà testé au Kenya : la capture de déchets plastiques dans les rivières, couplée à une organisation de collecte et de valorisation de ces matériaux. L’entreprise a déjà installé 13 « plastic interceptors » au Kenya, permettant de collecter environ 1 600 tonnes de plastiques mais également la création d’un réseau de plus de mille points de collecte appuyés par la formation de 50000 femmes à des activités de valorisation des déchets.

Il est ainsi question de déployer ce modèle dans un contexte Sud-Soudanais caractérisé par un manque d’infrastructures (électricité, routes, services municipaux de déchets) avec :

  • Installation d’un intercepteur sur un point stratégique du Nil Blanc pour piéger les plastiques flottants avant qu’ils ne se dispersent en aval ;
  • Mise en place d’un premier « waste hub » modulaire, relié à la rivière et aux quartiers, pour trier, broyer et préparer les plastiques ;
  • Tests de formulation de composites associant plastiques et matériaux locaux (sable, poussière de pierre, verre broyé) afin de produire des matériaux de construction durables et adaptés au climat local.

L’innovation repose autant sur la technologie que sur l’organisation de la chaîne de valeur : le projet prévoit un recrutement et une formation de travailleurs et travailleuses locaux, en particulier des femmes et des jeunes, à des procédures standardisées de tri, de sécurité et de production, avec une intégration progressive d’équipements alimentés partiellement par l’énergie solaire pour limiter les coûts et la dépendance au réseau. En parallèle, une étude approfondie de la demande et de la sensibilité au prix des matériaux de construction issus du recyclage permettra d’orienter le choix des produits (pavés, tuiles, planches, etc.) et de préparer une montée en puissance vers un modèle économiquement viable.

Les résultats attendus 

À travers l’installation d’un intercepteur sur le Nil Blanc, la création d’un premier centre de tri et la mise en place d’un dispositif de suivi des flux de déchets, le projet vise à démontrer la faisabilité d’un modèle intégré de réduction de la pollution plastique et de valorisation de déchets pour la production de matériaux de construction abordables à Juba.

Les principaux résultats attendus sont  :

  • Détourner de manière fiable des flux de plastiques de faible valeur des dépotoirs informels, des caniveaux et du Nil Blanc, grâce à l’interception en rivière et à la collecte organisée dans les quartiers.
  • Réduire les risques sanitaires liés aux déchets non gérés (inondations, maladies hydriques et vectorielles).
  • Mettre en place et opérationnaliser un centre local de gestion des déchets, doté de procédures standardisées, de dispositifs de sécurité et d’une équipe formée au tri, au pré broyage et à la préparation des plastiques pour le recyclage.
  • Identifier les débouchés de marché pour des matériaux de construction issus de plastiques recyclés (pavés, tuiles, planches, etc.) et les opportunités d’emplois associées pour les personnes impliquées dans le tri, la transformation et la fabrication pour à terme, diminuer le coût du logement pour les ménages à faibles revenus grâce à l’accès à des matériaux de construction plus abordables.

En intervenant en amont, à Juba, sur un affluent majeur du système du Nil, le projet vise aussi un impact amplifié : réduire une pollution qui se diffuse ensuite en aval vers d’autres zones du bassin du Nil en Ouganda ou en Égypte.

Chemolex

Chemolex

Chemolex est une organisation kenyane de durabilité qui gère scientifiquement les déchets plastiques et protège les écosystèmes fluviaux. Elle transforme les déchets plastiques issus des rivières en matériaux et produits utiles pour les communautés.

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