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Watoto Wasoka, une organisation ougandaise qui utilise le football et le jeu à des fins éducatives, installe au sein de dix établissements de la capitale des clubs de santé mentale animés par des élèves et encadrés par des enseignant·es. Le projet, soutenu par le FID, cherche à vérifier si ce dispositif tient dans les conditions ordinaires d'un établissement public, à quel coût, et avec quelles garanties de sécurité pour les élèves concerné·es.
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Selon l'Organisation Mondiale de la Santé et l'UNICEF, une personne sur sept âgée de 10 à 19 ans vit avec un trouble de santé mentale, et la moitié des troubles qui apparaissent au cours d'une vie se déclarent avant 18 ans. Dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, le nombre de professionnel·les spécialisé·es en santé mentale infantile reste très inférieur à un pour 100 000 enfants, ce qui rend une prise en charge fondée sur les seules consultations spécialisées difficile à généraliser (OMS et UNICEF, Mental health of children and young people : service guidance, 2024). L'école est l'un des rares lieux où les systèmes publics rencontrent presque tou·tes les adolescent·es de manière régulière. L'OMS et l'UNESCO en ont fait un axe de leur stratégie de prévention, en invitant les États à intégrer la promotion de la santé dans le fonctionnement courant des établissements (OMS et UNESCO, Making every school a health-promoting school : implementation guidance, 2021).
En Ouganda, le Ministère de la santé a adopté en 2017 des lignes directrices sur la santé mentale des enfants et des adolescent·es, qui prévoient la prévention en milieu scolaire (Ministère de la Santé de l'Ouganda, 2017). Leur mise en œuvre reste toutefois limitée dans les établissements accueillant les populations les plus vulnérables. Une enquête menée auprès de 889 élèves du secondaire à Kampala décrit des connaissances faibles à moyennes sur la santé mentale et une forte stigmatisation des personnes concernées, deux facteurs qui freinent la demande d'aide (Nantumbwe Z, Kasujja R, Schomerus G., (2026)). Une autre étude conduite dans la capitale a mesuré une prévalence notable de symptômes dépressifs et anxieux chez les adolescent·es (Mbithi G, Sarki A, Mabrouk A, Odhiambo R, Namuguzi M, Atukwatse J, Kabue M, Mulupi S and Abubakar A (2025)). Dans les quartiers denses, cela se traduit par du décrochage, des conflits, des consommations à risque ou un simple retrait silencieux, les filles étant davantage exposées au silence et les garçons à la pression de ne rien montrer.
Watoto Wasoka a développé au fil de quatre années de terrain une méthode appelée BUREF (Building Resilience through Football), qui utilise le football comme point d'entrée vers la parole. L'approche s'organise autour de trois piliers : le jeu, entrée non stigmatisante vers des sujets sensibles ; les pairs, premiers relais capables de repérer une camarade ou un camarade en difficulté ; et des circuits d'orientation vers des services adaptés. Chaque séance alterne un temps de jeu structuré et une discussion guidée sur un thème précis : émotions, stress, inclusion, entraide, selon une séquence répétée à l'identique (Jouer, Réfléchir, Apprendre, Agir) qui la rend transmissible à des personnes non spécialistes. Elle a d'abord été éprouvée hors de l'école, auprès de plus de 5 000 jeunes de 8 à 17 ans à Kampala et Wakiso, puis dans quatre établissements ayant accueilli près de 800 élèves.
Le projet soutenu par le FID déploie cette approche à dix établissements, dans lesquels un club de santé mentale se réunit deux fois par semaine, pendant une heure, sur le temps déjà prévu pour les activités para-scolaires. Il est animé par six élèves formé·es, trois filles et trois garçons, choisi·es par leurs camarades pour leur fiabilité, et encadré par deux enseignant·es référent·es désigné·es par la direction, qui assurent la supervision et la continuité entre deux séances.
L'équipe du projet fournit les manuels, la formation initiale, une remise à niveau à mi-parcours et des visites mensuelles de supervision, ainsi que des procédures écrites de protection de l'enfance et des circuits d'orientation vers les structures de santé. Le dispositif utilise les salles, les terrains et le personnel déjà présents, sans infrastructure parallèle, ce qui conditionne son coût-efficacité et sa reprise éventuelle par les autorités éducatives.
Crédit photo : ©Favour Olivier Jr - Unsplash
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