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L’ONG nigériane Youthcare Development Empowerment Initiative (YcDEI) forme des jeunes élèves et des enseignants à réagir aux violences de genre en milieu scolaire grâce à l’utilisation de manuels de formations adaptés. Ce test pilote financé par le FID permettra à l’organisation de mettre en place une évaluation randomisée de petite échelle dans 45 écoles de l’état d’Oyo au Nigéria, afin de mesurer les effets des formations sur les élèves et les enseignant.e.s.
Projet porté par :


La violence de genre est une violation répandue des droits de l’homme qui affecte de manière disproportionnée les femmes et les filles. Elle prend plusieurs formes, y compris des violences physiques, psychologiques et sexuelles, et a des conséquences graves sur la santé mentale, le bien-être physique et les perspectives socioéconomiques des victimes. Ces violences naissent souvent de normes culturelles, d’inégalités de genre et de déséquilibres systémiques de pouvoir profondément enracinés. De ce fait, elles font partie des problèmes mondiaux les plus difficiles à résoudre (Ekine 2020).
Plus particulièrement, la violence de genre en milieu scolaire qui inclut « la violence physique, le harcèlement sexuel ou verbal, les attouchements non consentis, la coercition sexuelle et les agressions, ainsi que les viols » affecterait plus de 246 millions d’enfants et d’adolescents chaque année (UNESCO, 2016). De plus, elle conduirait à des taux d’absentéisme plus importants chez les jeunes qui en sont victimes (Lee et Rudolf, 2022), de moins bonnes performances académiques (Kibriya et al., 2016 ; Fry et al., 2018) et des taux de décrochage scolaire plus importants (Fry et al., 2018 ; Ellery et al., 2010).
Au Nigéria, la loi prend en compte graduellement les violences sexuelles. En 2015, l’adoption de la loi sur la prohibition de la violence contre les individus a permis de reconnaître les violences de genre comme une forme de discrimination et de créer un registre de délinquants sexuels. Mais malgré ces progrès, les administrations scolaires nigérianes ne sont pas toutes équipées pour détecter et traiter les cas de violence de genre (Ekine, 2020).
Bien que la violence de genre en milieu scolaire concerne un grand nombre d’élèves dans le monde, on en sait peu sur l’étendue du problème, et encore moins quelles solutions lui apporter.
En 2020, des travaux de terrain menés par les chercheurs du projet dans 30 écoles réparties dans six états à travers le Nigéria ont montré que 47,1% des enfants enquêtés avaient déjà été victimes de violence de genre en milieu scolaire (Ekine, 2020). Par la suite, en 2021, l’ONG Youthcare a décidé de s’attaquer à ce problème, et a lancé son programme de formation dans des écoles primaires.
Youthcare Development and Empowerment Initiative (YcDEI) a mis en place le projet « Ending School-Related Gender-Based Violence : A Two-Pronged Approach » (Mettre fin à la violence de genre en milieu scolaire : une double approche). Ce programme en deux volets vise à former les élèves d'un côté, les enseignant·es de l'autre, à reconnaître, prévenir et signaler les cas de violence de genre. Pour ce faire, il aide les enseignant·es à acquérir les compétences nécessaires pour réagir de manière adaptée.
L’innovation réside dans l’approche portée par l'initiative : à savoir que la prévention et la réaction efficaces à la violence de genre en milieu scolaire doivent se concentrer sur la capacité des enfants à signaler cette violence et sur la capacité du système scolaire à réagir de manière adaptée. Ce pilote visait à déterminer, via un cadre d'évaluation randomisée, comment évaluer, renforcer et étendre cette approche en deux volets de lutte contre les violences de genre en milieu scolaire. L’intervention a été conduite dans 45 écoles primaires au sein de 5 communes dans la métropole d’Ibadan (État d’Oyo au Nigeria).
La recherche a combiné un protocole de recherche randomisé et une collecte de données mixant diverses méthodes afin d’appréhender l’intervention sous ses différentes dimensions.
Les 45 écoles choisies parmi les écoles d’Ibadan ont été réparties en trois groupes :
Des données quantitatives et qualitatives ont été collectées au moyens d’entretiens individuels, d’analyses documentaires et d’observations. De plus, la stratégie de collecte des données a pris en compte le caractère sensible du sujet grâce à trois méthodes innovantes (exercices avec une boîte transparente, boîtes verrouillées et registres de signalement).
**En effet, afin de déterminer si les enquêtes approfondies conduites au début de l’intervention pouvaient influencer les attitudes des enseignants ainsi que les connaissances sur la violence de genre en milieu scolaire et leurs taux de signalement - en raison du caractère tabou du sujet - le projet a aussi inclus un groupe de contrôle « pur » qui n’a pas répondu à l’enquête de début.
A travers une formation participative d’un jour, adaptée aux enfants et organisée dans les écoles, 854 élèves ont été formés à comprendre ce qu’est un comportement inapproprié, leur droit à la sécurité et l’importance de dénoncer ces comportements.
136 enseignant·es ont reçu une formation structurée et centralisée de deux jours afin de leur permettre de mieux comprendre les violences de genre en milieu scolaire, de remettre en question les normes et les pratiques disciplinaires néfastes et de savoir comment réagir en donnant la priorité aux victimes.
Malgré son caractère pilote, la comparaison randomisée entre les 20 écoles ayant reçu la formation et les 10 écoles faisant partie du groupe de contrôle total, a abouti à des premiers résultats éclairants :
De manière générale, le projet pilote a permis de tester l’intervention, mais aussi une première stratégie de randomisation et des approches de collecte des données. Cela a montré à l’équipe projet montre à quel point il est important de bien concevoir l’évaluation des innovations de ce type.
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